Quatrième symphonie de Mahler

Lorsqu’il entreprend la composition de la Quatrième symphonie en 1899, Mahler occupe depuis deux ans le poste qu’il avait convoité des années durant ; celui de directeur admiré et redouté de l’Opéra de Vienne et ainsi a retrouvé sa patrie et sa ville d’adoption.

On ne peut manquer de reconnaître aujourd’hui l’empreinte indélébile que la capitale autrichienne a laissée sur la Quatrième symphonie, sur son lyrisme pastoral et sur son heureux abandon.

Mahler, un des grands derniers romantiques, a reçu l’influence du langage harmonique qui est extrêmement développé et cultivé, dans les grands opéras de Wagner et les poèmes symphoniques de Liszt.

Cette quatrième symphonie est la plus simple, la moins chargée d’ombres de toutes ses symphonies.

Elle évoque l’idée que l’Enfant se fait du paradis. Le dernier mouvement l’illustre par un poème chanté, tiré des « Des knaben Wunderhorn  (le cor merveilleux de l’enfant). Il s’agit d’une anthologie allemande folklorisante où Mahler avait déjà beaucoup puisé.

 

 

L’orchestration de la 4e symphonie de Gustav Mahler – Erwin Stein

Musique symphonique et vocale.

 

A une époque où la musique contemporaine n’avait pas les honneurs des premiers enregistrements discographiques ni de soutiens financiers du Ministère de la culture ou autres pour faire entendre leurs œuvres, les compositeurs n’avaient d’autre solution que de la faire jouer à leurs frais. La réduction de la Quatrième symphonie de Mahler est de la plume de l’excellent Erwin Stein, factotum de Schoenberg ; celle des Lieder, de Schoenberg lui-même. Le principe, met en lumière bien des détails harmoniques et mélodiques qu’escamote souvent l’orchestration. Par ailleurs, les solistes n’ont pas à se battre contre la masse orchestrale. Le résultat est surprenant : voilà un Mahler sous un jour totalement inhabituel à travers une interprétation qui ne manque pas de relief non plus.